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Pitres a pointes

La Marseille
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Dans un programme allant du Lacu des Cygnes a la Paquita de Petipa, les viriles danseuses du Trockadero offrent un incroyable show rempli d’humour et de virtuosite. Irresistible. Phenomenal. Durant dexu grosse heures, dans un programme copieux partant de l’Acte 2 du Lac des Cygnes pour arriver au Paquita de Minkus et Petipa en passant par un pas de deux tambourinant et un Go for Barocco tres balanchinien, les 16 danseurs des Ballets Trockadero de Monte Carlo sement depuis vendredi une jolie hysterie dans un theatre du Gymnase habitué a plus de mesure dans son enthousiasme. Il faut dire que cette compagnie pas comme les autres et basee comme son nom ne l’indique pas, a New York, reunit des danseurs, uniquement masculins et recrutes dans le monde entire. Et qu’elle releve en meme temps, les deux exercices artistiques les plus ardus : celui de la danse et celui l’humour.

Impossible de raconter ici l’eventail des gags et situations hilarantes, du grotesque au burlesque, qui se multiplient au sein du spectacle : lachers de ballerinas, rondes effrenees et essoufflees, diagonale du fou, oeillades enamourees au public, sourires figes ou poses empesees, tentations paillettes ou jalousies internes. Jamasi redondants, les petites moqueries et les gros decalages s’enchainment a un rythme d’enger et les clichés du tutu-cucul sont passes au crible, dans un crescendo qui, peu a peu et judicieusement, s’inverse doucement, partant du narratif pour parvenir peu a peu a une danse virtuose. L’humour et la comedie, d’abord omnipresents, s’effacent doucement face a la virtuosite et a la technique. Car l’exercice perilleux de l’autoderision aurait pu tomber dans une depreciation d’un art tout entire. Ici audela du phenomene dragqueens ballerinas avec kiki sous le tutu, les pitres a pointes revelent peu a peu leur amour veritable de cet art, in carne de maniere eblouissant dans quelques vertiables morceaux de bravoure, notamment la More du Cygne revisitee, un solo ebouriffant et deplumant porte par Paul Ghiselin, our encore le tourbillon final signe Robert Carter. Tenant les pointes et enchainant les developpes, les fouettes et autres echappes sautés mieux que bien des companies normales, ils mettent finalement en valeur la danse beaucoup plus qu’ils ne la ridiculisent.